UA-83376712-1

Labels

Tuesday, April 16, 2013

Charles Aznavour le poète (2ème partie)

1ere partie :
1. Un sacré bonhomme
2. L'amour, toujours l'amour
./.


2ème partie:

3. Le temps qui passe
L'amour, c'est comme un jour, ça s'en va, l'amour et alors, c'est trop triste, Venise, quand on ne s'aime plus. Le temps fait et défait  les amours et les choses de la vie. 
Mais il arrive aussi que le temps refait ce qu'il a défait et tout ne meurt pas avec le temps qui passe quand, au fond de soi, on n'a rien oublié.

... Qui m'aurait dit qu'un jour sans l'avoir provoqué
Le destin tout à coup nous mettrait face à face
Je croyais que tout meurt avec le temps qui passe
Non je n'ai rien oublié


Je ne sais trop que dire, ni par où commencer

Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête
Et le passé revient du fond de sa défaite
Non je n'ai rien oublié, rien oublié...


... Chaque saison était notre saison d'aimer

Et nous ne redoutions ni l'hiver ni l'automne
C'est toujours le printemps quand nos vingt ans résonnent
Non je n'ai rien oublié, rien oublié...

... Je voudrais, si tu veux, sans vouloir te forcer
Te revoir à nouveau, enfin... si c'est possible
Si tu en as envie, si tu es disponible
Si tu n'as rien oublié
Comme moi qui n'ai rien oublié.
                                    (Non je n'ai rien oublié, 1971)

Les artistes, c'est connu, aiment la vie qu'ils mordent à pleines dents. Ils jouent de la vie, de la jeunesse, sans compter, à toute vitesse, jusqu'à s’essouffler. Mais qu'ai-je fait de mes vingt ans ?

Hier encore
J´avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l´amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps...


... Hier encore
J´avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l´arrêter
Et pour le retenir
Même le devancer
Je n´ai fait que courir
Et me suis essoufflé...


... Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J´ai figé mes sourires
Et j´ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans?
             (Hier encore, 1964 ; Yesterday, when I was young en version anglaise)

Et il arrive un âge 
où l'on se remet en questions, où l'on se pose des questions, où l'on s'interroge sur le sens de sa vie, sur la manière dont on l'a remplie. Et on réalise parfois qu'à force de se débattre dans les courants tumultueux de la vie, on n'a pas toujours vu le temps passer :

Plus je m´enfonce dans ma vie
Plus je ne peux que constater
Qu´au vent léger de mes folies
Je n´ai pas vu le temps passer

Entre les draps de la jeunesse
Quand je dormais à poings fermés
A l´horloge de mes faiblesses
Je n´ai pas vu le temps passer


Je n´ai pas vu le temps courir
Je n´ai pas entendu sonner
Les heures de mon devenir
Quand je fonçais tête baissée
Vers ce qu´était un avenir
Et qui est déjà du passé...


... Et puis soudain la cinquantaine

Le demi-siècle consommé
A la table de mes fredaines
Au moment où les jeux sont faits
Que tous mes atouts sont jetés
Je ne peux dire qu´à regret
Je n´ai pas vu le temps passer.
      (Je n´ai pas vu le temps passer, 1978)

Tel est le temps. Imperturbable, implacable, il impose son emprise sur tous et sur tout.

4. Charles le Gavroche
Rappelons le, Charles Aznavour est né à Paris (par un pur hasard puisque ses parents n'étaient qu'en transit à Paris, dans l'attente d'un visa pour les Etats-Unis). Il y a grandi et y a vécu une bonne partie de sa vie. C'est un vrai Gavroche (titi parisien dans "Les misérables" de Victor Hugo). J'imagine aisément l'émotion qu'il doit ressentir à l'évocation de La Bastille, Ménilmontant, Belleville, Montmartre,... tous ces quartiers populeux et populaires de Paris où il a du vivre bien des souvenirs :

Mômes de mon quartier, tout mon passé s´éveille quand je pense
Aux folies des jours où nos amours comblaient mon existence
Malgré les années, j´ai préservé dans mon cœur, quoi qu´il fasse
Comme un coin secret où nulle, jamais, n´a pris votre place


Mômes de mes vingt ans, Ménilmontant, c´est loin mais c´est si proche
Ces instants si doux qui laissent un goût aux lèvres d´un gavroche
Comme un goût salé qui fait rêver et leur goût me rapproche
Jolies mômes de mon quartier...


Mômes de mes amours, de ces beaux jours, de ma tendre bohème

Vous avez semé et le quartier, grâce à vous, est le même
Tout parle à mon cœur et, plein d´ardeur, je sais que je vous aime
Jolies mômes de mon quartier
                                                     (Jolies mômes de mon quartier) 

Comme tout Parisien qui se respecte, forcément, il aime Paris, de cet amour que seuls les Parisiens dans l’âme peuvent comprendre. Il aime d'autant plus Paris qu'il y a vécu les souvenirs les plus mémorables de sa vie, toutes ces années de galère avant de se retrouver en haut de l'affiche :


J´aime Paris au mois de mai
Avec ses bouquinistes
Et ses aquarellistes
Que le printemps a ramenés
Comme chaque année le long des quais
J´aime Paris au mois de mai
La Seine qui l´arrose
Et mille petites choses
Que je ne pourrais expliquer

J´aime quand la nuit sévère
Étend la paix sur terre
Et que la ville soudain s´éclaire
De millions de lumières
Il me plaît à me promener
Contemplant les vitrines
La nuit qui me fascine
J´aime, j´aime Paris au mois de mai
                                               (J´aime Paris au mois de mai, 1956)

Décidément, Paris sera toujours Paris. J'aime Paris, et pas seulement qu'au mois de mai.


Yên Hà, avril 2013
A lire, le mois prochain:
- Aznavourian l'Arménien
- L'ambassadeur de la langue française 

No comments:

Post a Comment

Please feel free to leave your own feedback.
Tuyền - Phú